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Goma: Usage de la force pour porter les cache-nez

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Les autorités provinciales du Nord-Kivu ont opté à des voies robustes pour limiter la contamination liée au Coronavirus en ville de Goma.

C’est du moins ce qui a été vu toute la journée de ce Mercredi dans la ville volcanique de la province.

Déjà vers 6heures du matin, plusieurs policiers étaient présents dans plusieurs carrefours de la ville de Goma, pour imposer le port des masques aux habitants.

Sur l’axe Katindo par exemple, le maire de la ville adjoint de la ville de Goma, Juvénal NDABEREYE SENZIGE a été vu au  Terminus, entrain d’appeler les habitants  à porter correctement les cache-nez.

Ce fut le même cas au stade de l’Unité de Goma, à l’Institut français vers la 34 ème région militaire et partout ailleurs.

Suite aux bouclages systématiques à quelques coins, l’on a assisté à des embouteillages sur la route, et les taxis bus éteint moins visibles la grande partie de l’avant-midi.

Les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation des quelques personnes qui ne portaient pas les masques.

La plupart de récalcitrants, environs 80, ont été embarqués dans les jeeps de la police, pour le stade Des Volcans de Goma afin d’y passer une  longue journée, sous un ardent soleil, même s’ils ont été libérés vers les premières heures vespérales.

Du coté habitants, cette manière de procéder a été différemment accueillie.

Revendeur des crédits prépayés, Monsieur TCHIZA estime que cette décision n’a  rien de mal : « C’est encore mieux comme ils nous imposent les masques. Vaut mieux faire ainsi, au lieu de nous restreindre à des mouvements internes ici en province, car bientôt, ça sera le début des trafics interprovinciaux »

Avec son cache-nez sur son menton, Monsieur Germain, revendeur de l’eau froide communément appelé « Mayi ya Baridi » au centre-ville de Goma, estime que cette mesure n’a rien d’important : « Ces cache-nez nous mettent mal à l’aise, je ne comprends, les policiers nous en imposent, au point de vouloir que nous puissions manger en les ayant sur nos bouches » se lamente-t-il.

Pour lui, avant de porter les masques ; il faut s’interroger si réellement Coronavirus existe

Douteux, pour n’avoir pas vu un malade de Coronavirus,  Jonas, taximan moto de son état, reconnait cependant  que le virus de Corona circule parmi les citoyens.

Il se soumet volontiers au port des masques, appelant les forces de police de plutôt y aller tout doucement avec ceux qui ne portent pas les masques, au lieu de les brutaliser : « Goma est tellement vaste, il reçoit les visiteurs venant de Masisi, Walikale…et quand on impose les masques, ces visiteurs ne peuvent pas s’y adapter facilement.

Il faudrait plutôt que les policiers aient cette audace de demander leur lieu de provenance.

Ce n’est pas mauvais de sensibiliser les gens à porter les masques, mais il faut y aller doucement, car avec la répression, on ne peut pas y arriver.

Il faut plutôt tout faire pour que les citoyens s’auto associent  aux efforts anti-Covid19 », lâche cet homme, trentaine révolue.

La veille, le président de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu, Robert HABINSHUTI SENINGA, avait rappelé aux forces de l’ordre l’importance d’agir en tout professionnalisme lors des opérations ayant attrait à lutter contre le Coronavirus en ville de Goma.

Ce Mercredi, la province du Nord-Kivu, a recensé 26 nouveaux cas de Coronavirus, ce qui porte le cumul à 462, dont 223 guéris, 70 décès, et 4 rapatriés.

La ville de Goma est touchée de plein fouet par la pandémie, d’où une certaine opinion estime qu’il faudrait y imposer des mesures drastiques, pour endiguer la maladie.

Jusqu’à présent,  la province du Nord-Kivu est le deuxième foyer de la pandémie de Coronavirus, après Kinshasa.

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