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Goma : Se baigner dans la drogue aujourd’hui, oui! Mais pour être moins qu’un cadavre demain ?

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Figure 1: Mr LA VIE, enfant de la rue qui fume. Photo crédit John TSONGO

Jeunes et vieux, hommes et femmes, tous ont depuis un temps pris la drogue pour une véritable partie de leur quotidien… Ceux qui se sont le plus manifesté, sont ces enfants de la rue qui, chaqu’instant et chaque jour, s’adonnent très courageusement à la drogue. Entre causes, conséquences fâcheuses et prévention de la consommation de la drogue,… le site exclusivement santé s’est penché sur cette question. Préservez votre santé et votre génération en découvrant le parcours de la mort que vous franchissez en vous investissant dans la consommation de la drogue.

Figure 2: Psychologue Vincent, photo credit John TSONGO

La drogue, qu’est-ce ?

Définie comme substance psychotrope provoquant le plus souvent une dépendance et utilisé pour modifier son état mental, la drogue est aussi, selon le psychologue Vincent,  cette « substance psychoactive, consommée, ayant une susceptibilité d’agir sur le système nerveux du consommateur, en modifiant son comportement ou en le compromettant ».

Des nuées des personnes qui consomment la drogue, mais pour quelles raisons ?

Les raisons incitatives des gens à la consommation de la drogue sont multiples, note le psychologue clinicien et chef des travaux SEMU SIKULIMWENGE VINCENT, avec qui nous avons abordé ce sujet relatif à la drogue. « Si plusieurs personnes utilisent l’alcool, le cannabis, le chanvre, la marijuana, les 36 oiseaux, le shisha, et toute autre forme des drogues, c’est d’abord la mauvaise compagnie et le prestige »… souligne le psychologue. Outre cet aspect, Vincent souligne toute une série d’autres éléments qui entrent en jeu :

La phobie sociale : C’est cette honte de s’exprimer en masse ;

La gestion des stress et les traumatismes du passé : très souvent, quand une personne a perdu un être cher, elle peut être tentée de se livrer à la consommation des drogues, en pensant que cela pourrait lui permettre d’oublier les blessures intérieures engendrées par cette dure situation ;

Les situations des guerres : le chef des travaux fait allusion  à une particularité de la partie est de la RDC, caractérisée par de guerres permanentes et traumatisantes. Le fait d’y vivre, peut emmener certaines gens à se livrer à la drogue, cherchant à dissuader les dures péripéties engendrées par cet état de choses ;

Le chômage : si l’on finit ses études et que l’on demeure longtemps sans emploi, parfois on est tenté de consommer la drogue, dans le but d’éviter d’être dérangé par des réflexions soucieuses sans fin ;

Les soucis d’amélioration de la performance sexuelle : très fréquent dans la région, plusieurs jeunes voir plusieurs maris, pensent que face à une impuissance, il vaut toujours mieux de recourir à la drogue pour satisfaire sexuellement son ou sa partenaire ;

La disponibilité : Le fait que les produits stupéfiants sont présents partout et à moins cher, fait que ceux qui en cherchent, en trouvent sans un moindre effort ;

Le déficit dans les facultés communicationnelles : Plusieurs personnes ne savent pas s’exprimer ouvertement ou faire part de leurs problèmes sans s’être droguées… « Pour ne citer que cela, voilà cher John, les causes et facteurs qui entrent en contribution pour pousser plusieurs citoyens à consommer la drogue et toute autre forme de stupéfiants », a fait savoir Vincent.

Fumer 10 grammes  de chanvre aujourd’hui, un billet d’avion vers la ruine de son espèce et celle de son pays demain?

Figure 3: Sortes des drogues

« Les conséquences liées à la consommation de la drogue, sont irréversibles, vastes et pérennes, car elles transcendent des générations, sans pardon pour l’avenir de son pays… », Indique le psychologue clinicien SEMU SIKULI MWENGE Vincent. « Ces conséquences sont d’abord à court, puis à long terme », poursuit le chef des travaux.

Des conséquences à court terme : « Lorsqu’une personne vient de s’enivrer, il ne sait plus se contrôler. Très souvent, il devient très brutal, à la maison il devient très violent envers sa femme et il ne sait plus contrôler ses émotions. Ceux qui s’enivrent  vont jusqu’à imposer l’acte sexuel à leurs partenaires, sans aucun consensus, quelles que soient les circonstances, même des relations non protégées. A part cela, il y a des accidents de circulation. Ici en ville de Goma, vous trouverez des poteaux de transport électrique percutés, toujours par des personnes ivres. Il y a des personnes qui perdent leurs vies par noyades, ou d’autres qui se font blessées. Vous trouverez par exemple quelqu’un qui prend le risque d’escalader le mur d’une maison en étage, sans estimer le danger et le risque qu’il court par cet acte »… insinue SEMU Vincent.

Des conséquences à long terme :

« La consommation des substances psychoactives par un individu, fait que celui-ci subisse des dommages et troubles psychopathologiques irréversibles sur le cerveau », note l’invité de ‘‘Ukingo.net’’.

Comment cela s’explique-t-il ?

Les drogues entrainent plusieurs maladies qui sont souvent d’ordre cardiaque d’un côté, et mental de l’autre. C’est par exemple la schizophrénie, « une maladie ou un trouble mental que développe le sujet et qui le sépare du monde réel. Ceci peut le conduire à poser des actes inhumains, car très souvent il se sent seul dans un monde propre à lui-même ».

L’hypertension artérielle, les accidents cardiovasculaires, le développement des cancers, surtout du cerveau, des tentatives suicidaires,… sont autant des dangers qui attendent incontestablement les sujets qui se baignent dans les substances psychoactives.

Et ces enfants de la rue qui ont fait de la drogue leur quotidien ?

« Je fume du patex, de l’essence, du shisha, du chanvre, ou les 36 oiseaux. La raison est double : premièrement c’est parce que  ça me protège du froid, deuxièmement, c’est ça me permet de ne plus me souvenir de chez moi et ignorer la souffrance de la rue,… »,a affirmé Emmanuel, enfant de la rue interrogé par Ukingo.net.

Figure 4: Des enfants de la rue droguées, Photo credit John TSONGO

 « Il est très compliqué pour les enfants de la rue ! Voyez-vous, tel qu’il est dit que la jeunesse est la sève de l’avenir du pays, alors pour ces enfants de la rue qui s’adonnent régulièrement à la consommation des substances psychoactives, il sera très difficile de récupérer ces enfants. Vous trouverez parmi eux, des petits enfants de 5 ou 6 ans. Ces enfants-là ont la difficulté de développer leur cerveau. Leur mémoire est perturbée. Avec la consommation des substances psychoactives tout le temps, ces enfants ont développé un esprit d’oisiveté. Tout le temps, ils ne font que mendier et leur avenir est incertain ; on ne songe plus à son auto développement ».  

Est-il possible de reconnaitre les personnes droguées ?

« Oui !» affirme Vincent, qui indique que les personnes droguées manquent d’équilibre, développent de l’asthénie physique (fatigue généralisée), présentent des hallucinations, la perte de la connaissance, la somnolence.

Comment éviter la drogue ?

Il existe plusieurs façons d’éviter la drogue. Tout d’abord, c’est la prise de conscience personnelle ou l’abstinence, le fait d’éviter la mauvaise compagnie, la chimiothérapie, la psychothérapie, la musicothérapie, l’encadrement spirituel, et autres.

Figure 5: Image du chanvre en culture

Attention !

« L’état congolais doit également être très rigoureux, en empêchant notamment l’entrée des stupéfiants sur toute l’étendue du territoire national. L’incinération des substances alcooliques et psychoactives, la fermeture des usines qui en produisent,… autant des mesures permettraient de faire face à ce fléau qui ne favorise pas notre jeunesse, pourtant c’est elle la sève qui fera vivre notre pays de demain », recommande Vincent, qui dit s’étonner de rencontrer dans plusieurs boutiques et Kiosques de vente, des boissons renfermant plus de 50 pourcent de taux d’alcool.

A leur niveau, les parents devraient renforcer l’éducation de base, en renforçant le moral des enfants de façon à s’abstenir des stupéfiants.

Pour DUFINA TABU MWENEBATENDE, « la loi congolaise qui réprime le trafic, la culture, la consommation, la commercialisation l’utilisation et l’entreposage des drogues, devrait être durcie. Mais hélas, ceux qui sont censés faire appliquer la loi, sont souvent les premiers à la transgresser. La plupart de nos policiers et militaires,  fument du chanvre, pourtant ce sont eux qui empêcheraient ce genre de pratique, », regrette Ce coordonnateur de l’association des volontaires du Congo, ASVOCO.

Près de 275 millions des personnes ont courageusement consommé la drogue durant l’an 2021, et plus de 36 millions ont souffert et souffrent des troubles qui en découlent, à en croire le rapport de l’office des nations unies contre la drogue et le crime, ONUDC.

John TSONGO/Goma-RDC

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